Une Olive Au Japon

15 juin 2012

Aum Shinrikyô

    En ce moment la grosse info au Japon, c'est l'arrestation de deux anciens membres de la secte Aum, qui a été à l'origine ded'une série de meurtres et d'attentats de 1988 à 1995,  qui a culminé avec l'attentat au sarin dans le métro de Tokyo en 1995. Sept membres de la secte recherchés pour leur implication dans les crimes avaient réussi à s'enfuir : 4 ont rapidement été attrapés, mais les 3 autres ont réussi à se cacher pendant 16 ans, bien que leurs avis de recherche soient affichés dans tout le Japon avec une grosse récompense pour ceux qui aideraient à les retrouver. Après la reddition d'un des membres le 31 décembre dernier, il n'en restait désormais plus que 2 : Kikuchi Naoko et Takahashi Katsuya. Il y a deux semaines, quelqu'un a reconnu Kikuchi Naoko et l'a dénoncée à la police.

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    Franchement je ne sais pas comment il ou elle a fait pour la reconnaître parce qu'elle n'avait plus du tout la même apparence que sur son avis de recherche.  En tous cas quand la police lui a demandé si elle était bien Kikuchi Naoko, elle ne l'a pas nié, et elle a été arrêtée sur le champ, ainsi que l'homme qui vivait avec elle.  Apparemment cet homme savait qui elle était car quand il l'avait demandé en mariage, elle lui avait avoué qu'elle ne pouvait pas se marier car elle vivait sous une fausse identité, et que son vrai nom était Kikuchi Naoko, d'Aum Shinrikyô. Visiblement cela ne l'a pas fait partir en courant, donc il devait vraiment beaucoup l'aimer !! Ses collègues aussi d'ailleurs disent tous que c'était quelqu'un de sympa et classe, à qui on a envie de ressembler... Comme quoi ! Une fois arrêtée elle a tout de suite donné de nombreuses informations sur son ancien complice Takahashi Katsuya, avec qui elle a vécu dans la clandestinité pendant des années. Elle a notamment indiqué qu'il ne ressemblait plus du tout à son avis de recherche... et très rapidement la police a retrouvé la piste de Takahashi, avec une vidéo de caméra surveillance où on le voyait retirer toutes ses économies de son compte en banque en urgence. Là ça faisait 12 jours que l'on voyait des images de lui en permanence à la télé, et aujourd'hui ils l'ont finalement rattrapé.

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    Là aussi, des gens l'ont reconnu, et la police est venu le chercher dans le manga-café où il se cachait. Apparemment il n'a pas non plus nié quand les policiers sont venus le chercher... Il se baladait avec 4,5 millions de yen d'économies (je me demande d'où il sort autant d'argent !!) et des livres d'Asahara Shôko, le gourou d'Aum Shinrikyô qui est en ce moment dans les couloirs de la mort. Du coup certains se demandent si la secte (qui survit encore !) ne l'a pas aidé financièrement, bien qu'il le nie, et s'il ne croit pas toujours en Asahara Shôko.

    Juste avant l'arrestation de Kikuchi, la NHK avait passé un documentaire spécialement consacré à Aum Shinrikyô, et c'est à cette occasion que j'ai appris que la secte survivait toujours... Franchement ça me dépasse que des gens puissent joindre ce mouvement après les crimes qu'ils ont commis. A ce que j'ai lu, après l'attentat du métro de Tokyo, de nombreuses personnes ont été arrêtées, mais la secte a survécu. Jôyû Fumihiro,  le seul membre d'Aum Shinrikyô à s'être jamais opposé à Asahara Shôko paraît-il, a pris la tête du mouvement (qui s'appelle maintenant Aleph) et en a enlevé les mauvais aspects, c'est à dire le culte d'Asahara Shôko et la justification du meurtre pour la religion (car selon l'Aum Shinrikyô d'Asahara Shôko, tuer les gens leur permettait de les empêcher d'accumuler un mauvais karma, et était donc une action louable...). Seulement cela n'a pas fait l'unanimité auprès de tous les adeptes et la secte s'est divisée en deux entre les supporters d'Asahara Shôko (la majorité !!!) et les autres. Ce que je trouve vraiment effrayant dans toute cette histoire c'est que ces gens (à part sans doute le gourou) étaient sincèrement persuadés qu'il faisaient une action charitable en tuant des gens... Et ceux qui hésitaient étaient menacés de mort pour leur éviter à eux aussi d'accumuler un mauvais karma en se détournant du droit chemin, donc au final ils étaient piégés... Quand j'entends que toute cette histoire a commencé avec un simple club de yoga, ça me fait froid dans le dos. 

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14 juin 2012

Dewa Sanzan

    Hier et aujourd'hui, je suis allée faire un tour à Tsuruoka, dans la préfecture de Yamagata, qui se trouve au sud d'Akita. De là, je suis allée au Mont Haguro, l'une des "trois montagnes de Dewa" (Dewa Sanzan). Ces trois montagnes sont un haut lieu de pélerinage bouddhique depuis le VIème siècle, et de nombreuses personnes viennent y faire une retraite spirituelle, paraît-il.

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    Franchement on n'entend jamais parler de Yamagata niveau tourisme donc j'étais pas sûre que ça vaille le coup, mais en fait j'ai trouvé ça très bien. La promenade dans la forêt est très belle, et les temples qui s'y trouvent tout le long aussi.

    Ensuite je suis retournée à Tsuruoka voir le musée Chidô, qui présente des maisons et des objets anciens de la région. Il y avait notamment toute une collection de cannes à pêche en bambou exposées, car apparemment le seigneur du fief de Shônai, dont faisait partie Tsuruoka, avait décrété que la pêche était un bon moyen de cultiver la Voie du guerrier... J'aimerais bien savoir en quoi, mais malheureusement ce n'était pas expliqué. En tous cas les samuraï de ce fief pratiquaient activement la pêche et apportaient autant d'importance et de soins à leur canne à pêche qu'à leur sabre, apparemment. D'ailleurs les cannes à pêche exposées faisaient jusqu'à 9 mètres environ, ça m'a assez étonnée.

 

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08 juin 2012

La politesse japonaise

    Les Japonais sont connus dans le monde entier pour leur politesse, ce qui n'est pas le cas des Chinois. Cela étant, la politesse à la japonaise est souvent proche de l'hypocrisie, et le manque de politesse à la chinoise peut être au contraire une marque d'amitié. J'ai pensé à ça aujourd'hui pendant notre cours de "communication pour le management", alors que nous traitions le sujet de la politesse. 

    Ma colocataire chinoise a raconté que lors d'un dîner avec des Japonais de la bonne société, un monsieur lui avait dit : "Tu sais ce que l'on dit ? "La seule chose que les Japonais sont incapables d'apprendre, c'est l'anglais, et la seule chose que les Chinois sont incapables d'apprendre, ce sont les bonnes manières". Il a en plus ajouté par la suite "les Chinois sont trop bruyants", avec un mot qui, en japonais, veut à la fois dire "bruyant" ou "ta gueule", suivant le contexte. Bien sûr ma coloc' s'est sentie insultée, et elle n'aurait jamais laissé passer ça en Chine ou aux Etats-Unis (elle n'est pas vraiment du genre à se faire marcher sur les pieds !), mais comme elle était au Japon entourée de Japonais... Elle s'est contentée de répondre qu'elle n'avait jamais entendu cela auparavant. Bien sûr cela la frustrait énormément de ne pas pouvoir exprimer son désaccord, mais elle avait trop peur d'être malpolie si elle répondait autre chose et voulait donc savoir ce que les Japonais de la classe aurait répondu à sa place. Nous avons donc parlé de la politesse au Japon... et je crois que je ne pourrais jamais être polie selon leurs standards ! Tous les Japonais étaient d'avis que la meilleure solution dans cette situation était de se taire et de sourire, même si dans son coeur on a envie de gifler l'interlocuteur. Je comprends bien que quand on parle à un supérieur il faut savoir mesurer ses propos et donc éventuellement supporter en silence, mais de là à sourire... 

    Ma coloc' a ensuite dit qu'en Chine on leur apprenait en cours de japonais qu'au Japon, les gens sont très stricts avec la politesse au travail, mais que lors d'un dîner en soirée quand tout le monde boit un verre ensemble, il était tout à fait acceptable de parler d'égal à égal avec ses supérieurs. Il y a même une expression pour ça, bureikô (無礼講), littéralement "session sans politesse", pour dire que l'on a le droit de se lâcher à ce niveau là. Quand ma coloc' a dit ça, les Japonais de ma classe on eu l'air horrifié et lui ont dit de ne surtout pas prendre cette expression au pied de la lettre, car même si un supérieur dit cela, il ne le pense pas, et ça se retournera contre toi si tu manques de politesse en critiquant ou taquinant un supérieur. Trop tard pour ma coloc, qui avait déjà gaffé à plusieurs reprises, sincèrement persuadée qu'elle avait le droit de dire son opinion franchement ! De même, quand un Japonais dit "j'y réfléchirai" ou "ça risque d'être compliqué", il ne faut pas prendre ses expressions au pied de la lettre : en français, on traduirait tout simplement par "non". Bref, pour ne pas froisser leurs interlocuteurs, les Japonais préfèrent éviter de dire ce qu'ils pensent franchement.

    Nous avons aussi parlé de ce qui conditionnait le niveau de politesse qu'on utilise, et là, une des Japonaises a dit quelque chose qui m'a vraiment étonnée. Pour que ce soit plus clair, disons que cette Japonaise s'appelle Akiko et son amie, Megumi. Akiko et Megumi ont le même âge, sont dans la même fac, et travaillent à la même chaîne de télévision. Akiko est entrée à la fac avant Megumi, donc Megumi parle à Akiko en keigo (langage de politesse formel, utilisé avec les supérieurs), tandis qu'Akiko parle à Megumi en langage neutre (utilisé entre amis). En revanche, comme Megumi a commencé à travailler à la chaîne de télévision avant Akiko, elle lui est supérieure dans la hiérarchie, et les rôles s'inversent donc quand elles sont au travail : Akiko parle en langage de politesse à Megumi, et Megumi parle en langage neutre à Akiko. Enfin, quand Akiko et Megumi se retrouvent en dehors de la fac ou du travail, elles sont enfin à égalité, et se parlent donc toutes les deux en neutre. Et apparemment pour elles, c'est naturel et ce n'est pas spécialement compliqué ou gênant comme relation. Bref, je savais que l'on est censé parler en poli aux supérieurs, mais quand ces supérieurs sont des amis voir des inférieurs dans d'autres circonstances... Personnellement, j'aurais l'impression d'être schizophrène. Je sens que je vais m'amuser  avec le langage de politesse une fois que je commencerai à travailler.

    Sinon, toujours à propos de la politesse, ma coloc' chinoise a expliqué un truc intéressant. A ce qu'elle dit, en Chine, les amis ne se disent jamais "s'il te plaît", "merci", ou "désolé" car c'est évident qu'entre amis on s'entraide, et que donc il n'y a pas besoin de demander pour être servi. Au contraire, si l'on met trop les formes, cela donne l'impression que l'on n'est pas si proches que ça, et c'est insultant pour des amis de mettre une telle distance. Quand ma coloc' était en Chine, elle travaillait dans une entreprise allemande avec beaucoup d'étrangers, et avait donc fini par prendre l'habitude de dire "s'il te plait", "merci" et "désolée" à tout le monde ; mais un jour, une de ses amies chinoises lui a dit d'arrêter parce que ça la vexait vraiment qu'elle agisse comme s'il y avait besoin de quémander pour que ses amies lui rende des services. C'est vrai que quand j'y pense, mes amies chinoises m'ont toujours rendu des services sans même que j'aie eu quoi que ce soit à demander, et quand je les remerciais, elles m'ont toujours dit de ne pas les remercier (mais d'un air de vraiment le penser, pas comme en France quand on dit "de rien" mais qu'on n'aurait pas aimé si on ne nous avait pas remercié). Bref, tout ça pour dire que des choses qui paraissent malpolies ou condamnables dans certains pays (comme être hypocrite ou ne pas dire "merci" pour un service rendu) ne le sont pas forcément dans d'autres.

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02 juin 2012

Après 6 mois d'absence, me revoilà !

Il s'est passé un certain nombre de choses depuis la dernière fois, dont voici le résumé :

- Pour la première fois j'ai vu l'hiver à Akita : impressionnant !! J'ai mis un lien vers mes photos dans la colonne de droite, jetez-y un oeil et vous verrez par vous-même de quoi je veux parler...

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- J'ai fait un stage de deux semaines à Sendai, dans une ONG qui s'occupe de la santé psychologique des enfants rescapés du tsunami. C'était génial, ça m'a vraiment donné envie de travailler dans une ONG plus tard... Là aussi les photos de Sendai sont dispos dans le lien à droite.

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- J'ai fait un stage de 2 mois à l'Ambassade de France à Tokyo. C'était sympathique, et ça m'a aussi permis de pouvoir me rendre aux nombreuses réunions et entretiens pour trouver du travail au Japon... Donc j'ai été très très occupée, mais j'ai quand même eu le temps de profiter de la floraison des cerisiers. C'est la première fois que je la voyais à Tokyo et c'était magnifique, même si je persiste à penser que Hirosaki est bien mieux que Tokyo niveau cerisiers. Les photos sont également dans l'album "Hanami 2012", dans la colonne de droite.

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- J'ai trouvé du travail dans une agence de voyage japonaise ! Donc dès avril 2013, je serai de retour au Japon pour y travailler, cette fois.

- Je suis actuellement de retour à Akita, en attendant de terminer mon master en août prochain. Je suis allée pour la première fois au lac Tazawa (Tazawako) cette semaine, vous pouvez voir les photos dans l'album correspondant dans la colonne de droite.

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21 novembre 2011

Petites devinettes

     Ce matin en cours de japonais, on a fait un exercice de mots croisés avec des mots d'origine européenne. Ces mots sont très nombreux et très usités en japonais, particulièrement les mots d'origine anglaise, mais la prononciation et le sens sont parfois différents, c'est pourquoi ce n'est pas toujours évident même pour les gens qui parlent anglais.

     Deux définitions m'ont vraiment fait penser que j'étais bien au Japon et non en France. Je les ai traduites ainsi que les mots à trouver, on va voir si vous pensez comme des Japonais :

- On en utilise lorsqu'on a attrapé un rhume : M _ _ _ _ _

- On en mange souvent lorsqu'on boit du vin : F _ _ _ _ _ _

    J'attends vos propositions ! 

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20 novembre 2011

Week-end dans les zones affectées par le tsunami

     Ce week-end, j'ai participé à un "tour" organisé par la fac pour aller voir les zones dévastées par le tsunami du 11 mars et faire du bénévolat. Nous étions 27 en tout : 13 étudiants japonais (quasiment tous originaires du Tôhoku), 5 étudiants en échange (USA, Mexique, Slovaquie), 1 étudiante de master (moi), 1 professeur (de Hong Kong), 5 membres de l'administration (quatre d'Akita + un Américain), 1 accompagnateur et 1 chauffeur.

     Nous sommes partis samedi à 8 heures du matin en direction de Rikuzentakata, dans la préfecture d'Iwate, à l'est d'Akita. Cela prend environ 3h30 pour faire le voyage. Rikuzentakata est la ville qui a le plus souffert du tsunami dans la préfecture d'Iwate : en effet, le centre ville a été complètement détruit, y compris la mairie, ce qui a énormément retardé la prise de mesures pour nettoyer la ville. Sur 23 000 habitants avant le tsunami, environ 1000 ont perdu la vie et 300 ont disparu. Par ailleurs, le spot touristique qui faisait la célébrité de la ville, une forêt de 70 000 pins situé en bord d'une longue plage de sable blanc, a été entièrement englouti, à l'exception d'un seul pin qui est devenu le symbole de la ville. Le quartier historique, avec ses vieux manoirs et sa résidence de samurai classée "trésor préfectoral", a également été emporté par les vagues.

P1000167Ce qu'il reste du centre-ville

P1000171La voie ferrée, dans le centre ville

P1000172La caserne de pompiers

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Le seul pin qui reste de la forêt



    Nous sommes ensuite allés à Kesennuma, dans la zone de Shishiori, qui a souffert non seulement du tsunami mais aussi des incendies qui ont suivi. J'étais déjà allée à Kesennuma en mai pour faire du volontariat, et j'ai été heureuse de voir que la ville avait été bien nettoyée depuis la dernière fois. Quand j'étais venue, il y avait des montagnes de débris partout, si bien qu'il était impossible de marcher en dehors de la route, et je ne voyais vraiment pas par où ils allaient commencer. Mais cette fois, bien que la zone soit encore loin d'être débarrassée de tous les débris, il y a une nette amélioration. Même chose pour Rikuzentakata, d'ailleurs ; quand on voit les photos prises juste après le tsunami, toute la ville était sans dessous ; mais maintenant, le plus gros des débris a été dégagé, ou du moins empilé en tas, donc il est possible de marcher normalement dans la plupart des zones. J'ai dit plus haut que le seul pin a avoir résisté au tsunami est devenu le symbole de Rikuzentakata ; à Kesennuma, c'est un cargo échoué en pleine ville qui est devenu le symbole de la ville. Cependant, il semblerait que les habitants soient divisés sur le traitement à réserver à ce bateau : certains voudraient s'en débarrasser, car ils ne veulent plus penser à ce qui s'est passé le 11 mars, et d'autres au contraire souhaiteraient le garder en tant que mémorial. Avant de quitter la ville, nous avons visité le marché au poisson, dans la zone qui a le plus vite retrouvé son état initial. Enfin, nous sommes allés dormir dans un onsen assez éloignée à l'intérieur des terres. 

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Le bateau en plein Kesennuma

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L'une des quelques maisons encore debout dans cette zone

    Aujourd'hui, lever à 6h, puis deux heures de route direction le centre de bénévolat de Rikuzentakata, qui coordine les actions des bénévoles en fonction des demandes de la population. Là, on nous a prêté de l'équipement et donner des indications sur l'endroit où nous devions nous rendre pour la mission du jour. Nous avons repris le bus pour nous diriger vers l'ancien quartier historique de la ville, pendant qu'un survivant nous racontait son expérience. Il a réussi à s'enfuir en voiture, mais après la première vague, de nombreuses personnes ont cru que le pire étaient passé et sont retournées chez elles chercher leurs affaires, et ont ainsi péri emportées par la deuxième vague. D'après ce qu'il nous a raconté, on estime à 20 ans le temps qu'il faudrait pour que la ville retrouve son état initial, mais la mairie veut y arriver en huit ans, pour éviter que tous les jeunes ne désertent la ville. Ils n'ont pas l'intention de reconstruire là où la ville a été rasée : à la place, ils sont en train de couper des arbres dans les collines pour faire de la place pour de nouvelles habitations. Concernant l'ancien centre-ville, la mairie envisage peut-être d'en faire un parc/mémorial, où d' installer des commerces, mais en tous cas plus de zones résidentielles.

    Une fois arrivés à ce qui était le quartier historique, un certain M. Konno, qui a perdu sa maison (un manoir assez ancien)  lors du tsunami, nous a demandé de nous séparer en deux groupes : l'un devrait trier les débris de la résidence de samurai qui était sur le point d'être classée au patrimoine national, l'autre devrait trier les débris de la maison de M. Konno. Pour la résidence de samurai, nous devions faire particulièrement attention à bien ramasser toutes les tuiles, les céramiques, etc., car la préfecture a l'intention de reconstruire la résidence et de restaurer tous les objets de valeur qui s'y trouvaient. Je me suis occupée de ce travail ; il y avait des céramiques magnifiques, qui malheureusement avaient été brisées en mille morceaux. Peut-être que certaines d'entre elles peuvent encore être restaurées, cependant ; en revanche pour le bâtiment en tant que tel, je me demande comment ils comptent faire. Il ne reste plus rien, même pas de fondations ; les tuiles sont en mille morceaux, et les poutres, les murs n'ont pas vraiment l'air récupérable. M. Konno nous a ensuite emmenés au sanctuaire sur la colline où ses voisins et lui se sont échappés le jour du tsunami. Ils nous a ensuite montré des photos de Rikuzentakata avant et pendant le tsunami, en nous expliquant rapidement comment les gens dande son quartier étaient venus se réfugier sur cette colline, depuis laquelle ils ont vu leurs maisons se faire détruire. Il nous a montré jusqu'où était montée la vague, une dizaine de mètres environ au dessus du sol. C'est dur d'imaginer ce que ca peut représenter ; d'après ce qu'il nous a raconté, il y a encore énormément de coquilles d'huîtres entassées sur les toits des quelques bâtiments restants... Il y a un blog en anglais où l'on peut voir des photos de M. Konno et un récit de son expérience le jour du tsunami, je vous conseille vivement d'y jeter un oeil car c'est très intéressant comme témoignage (et ça change de tous les récits d'expats qu'on nous a ressassés à la télé française : "oh la la ma maison à Tokyo a tremblé !"...): http://saverikuzentakata-en.blogspot.com/.

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L'endroit où nous avons trié des débris

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Vue sur l'ancien quartier historique

    

     Enfin, nous sommes allés à Ôfunato, une ville côtière à deux pas de Rikuzentakata, mais qui a beaucoup moins souffert du tsunami. Le moindre nombre de dommages s'explique en raison d'une topographie plus propice, et au fait qu'une bonne partie de la ville est située en hauteur. La partie près du port et de la rivière a été bien endommagée cependant, mais comme la mairie était intacte, elle a pu prendre rapidement des mesures pour restaurer la ville à son état antérieur. C'est encore loin d'être entièrement fait, mais contrairement à Rikuzentakata on voit bien qu'une majeure partie de la ville continue à vivre normalement. Après avoir marché un peu dans la ville, nous sommes rentrés à AIU. 

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Des maisons près de la côte, mais intactes

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Le quartier qui a le plus souffert du tsunami

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Une voiture broyée par la vague, non loin des débris

   J'ai trouvé un site japonais avec des photos des endroits dévastés avant et après le tsunami. Je vous mets le lien, vous verrez c'est impressionnant : http://www.syasinkikaku.co.jp/enganjisin/index.html. Les villes que j'ai visitées sont Kesennuma (photos n°13, 14 et 15), Rikuzentakata (photo n°16, où l'on voit bien que la forêt et la plage ont été englouties), et Ôfunato (photo n°17).  

    Vous vous demandez peut-être ce que sont devenus les survivants qui ont perdu leur maison. La plupart ont été relogés dans des espèces de maisons en préfabriqué, ou alors carrément dans des hôtels ou des maisons dans d'autres préfectures du Japon. Il y a pas mal de reportages sur leur situation à la télé, mais apparemment ils sont encore loins d'être sortis d'affaire. J'imagine que ça va prendre un temps fou : pas moins de 65 753 personnes ont été évacuées à ce jour. A ce propos, je me demande comment ça s'est passé en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde et en Thaïlande, s'ils se sont remis du tsunami en 2004... On n'en parle plus du tout, mais déjà qu'un pays riche comme le Japon va galérer pendant des années pour restaurer les zones détruites et redonner une vie normale à la population, j'imagine mal ce que ça a dû être pour la population dans des pays moins développés.

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14 novembre 2011

Week-end à Aomori

    Ce week-end, je suis allée à Aomori dans le cadre d'un tour destiné à promouvoir le tourisme étranger dans le Nord du Japon. Aomori, c'est le nom de la préfecture qui se situe au nord d'Akita et à l'extrême nord de l'île principale du Japon. C'est aussi le nom de la ville principale de cette préfecture.

     Nous étions 20 élèves de quatre facs différentes. Comme d'habitude, il y avait une majorité de sinophones, mais aussi deux Vietnamiennes, deux Coréennes, et deux Américains.

     Tout d'abord, nous avons visité le centre culturel Wa Rasse, à Aomori (City), qui expose des chars utilisés lors du festival Nebuta matsuri, qui a lieu chaque année début août. Lors de ce festival, des espèces de lanternes géantes modelées en forme de guerriers et d'animaux en tous genres sont promenées dans les rues dans une ambiance particulièrement festive paraît-il. C'était très impressionnant et ça m'a vraiment donné envie de voir ce festival en vrai.

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     Ensuite, comme nous avions un peu de temps libre, je suis allée à ASPAM, juste à côté de Wa Rasse, qui est LE bâtiment emblématique de la ville d'Aomori en raison de son architecture en forme de triangle. A l'intérieur, il y a un étage panoramique avec vue à 360° sur la baie et la ville.

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    Puis nous avons pris la route direction Sukayu onsen. C'est une onsen (station thermale) assez réputée... notamment pour son bain mixte ! Personne n'a tenu à tenter l'expérience ceci dit. Au Japon, dans les onsen, l'on doit se déshabiller ; pas possible de se baigner en maillot de bain. C'est pourquoi les bains sont généralement séparés par sexe. A ce que j'ai appris pendant mon cours sur l'histoire des toilettes et des bains (qui eut cru que ça me servirait un jour !), les bains mixtes existent depuis l'ère d'Edo (1600-1868), mais même à l'époque le gouvernement avait essayé de les faire interdire car dans pas mal d'endroits les bains mixtes cachaient un fait de la prostitution. Il n'a cependant pas réussi à éradiquer le phénomène. En 1853, quand le commodore Perry arrive au Japon, il est scandalisé par le manque de pudeur des Japonais. Sous l'ère Meiji (1868-1912), sous l'influence des Occidentaux qui condamnaient ce genre de pratique, les bains mixtes ont fini par quasiment disparaître. Cela dit je viens de lire qu'en Allemagne aussi il y avait des saunas mixtes où les gens se baladent tous nus, donc peut-être que ça ne choque pas les Allemands... Mais de toutes façons je pense que le Japon est plutôt influencé par la culture anglosaxone en général.En tous cas de nos jours, il existe encore des onsen avec des bains mixtes, mais c'est quand même assez rare, et en général les hommes ont l'air plus enthousiastes que les femmes à l'idée de se baigner ensemble.

     Enfin, nous sommes allés au lac Towada, en longeant un joli cours d'eau, la rivière d'Oirase. On a eu droit à une séance de canoe sur le lac. J'ai été impressionnée par la transparence de l'eau, qui d'après le guide permet de voir jusqu'à 10 mètres de profondeur. Towada et Oirase sont réputés comme étant des endroits magnifiques en automne quand les érables changent de couleur, mais malheureusement pour nous les feuilles étaient déjà quasiment toutes tombées. C'est dommage parce que ça a vraiment l'air fabuleux à la bonne période, qui devait être il  a une ou deux semaines (ou tout simplement quand il y a des feuilles sur les arbres !).

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    Dimanche, nous avons marché un peu le long du lac avant de visiter le musée d'art moderne de Towada, qui comme son nom ne l'indique pas ne se trouve pas spécialement à côté du lac. Je n'avais jamais entendu parlé de ce musée donc je ne m'attendais pas forcément à quelque chose d'exceptionnel, mais en en fait c'était très bien. La plupart des oeuvres sont jolies, étonnantes ou ludiques, bref on passe un bon moment. Et le bâtiment lui même avec ses grandes baies vitrées et assez beau. Les artistes exposés sont japonais mais aussi coréens, argentins, australiens, anglais, etc.

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     Enfin, nous sommes allés à Hachinohe, sur la côte est, où nous avons appris à graver notre propre sceau dans un centre culturel de la ville. Au début ça a l'air simple, mais comme toujours dans ces cas-là, ça ne l'était pas tant que ça. Puis nous avons visité le marché au poisson, qui contrairement à celui de Tôkyô ressemble plus à un supermarché qu'à un marché. Il y avait aussi des produits locaux en vente, comme des gâteaux à la pomme (LA spécialité d'Aomori) ou encore à l'encre de seiche, qui contre toute attente pour ces derniers étaient très bons. Il y avait aussi toutes sortes de poissons et de coquillages bien sûr, et pourtant (heureusement !) ça ne sentait absolument pas le poisson. Puis nous sommes rentrés à AIU après moultes péripéties ferroviaires.

     Nous avons eu de la chance pendant ces deux jours car globalement il a fait très beau. La région fait des efforts pour essayer de mieux accueillir les touristes étrangers, qui sont malheureusement de plus en plus rares à visiter le nord du Japon depuis le tsunami. Pourtant les populations du nord du Japon ont besoin du tourisme, et donc pour ceux qui liraient ce blog et qui connaissent déjà les must-see du Japon (Tokyo et Kyoto-Nara, à mon avis), je vous conseille vraiment de venir visiter le nord, parce qu'il y a pas mal d'endroits et de festivals qui valent la peine d'être vus. 

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13 novembre 2011

Nouveaux albums photos

     Juste un petit mot pour vous dire que j'ai (enfin) mis des liens vers les photos que j'ai prises ces derniers mois, dans la section "Mes photos" sur la droite. J'ai rajouté cinq nouveaux albums : Tokyo et Hong Kong, Kakunodate (pendant le hanami), Senshû kôen (pendant le hanami), Hirosaki (pendant le hanami), Dakigaeri Keikoku et Kakunodate (en automne), et Aomori, où je suis allée ce week-end. Je détaillerai ce que j'ai fait là-bas plus en détail demain, donc restez connectés !

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08 novembre 2011

L'automne à Akita

     Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit. Depuis la rentrée, je n'arrête pas, j'ai énormément de travail. Mais là j'ai fini ce qu'il y avait de plus pressant/stressant, donc je vais essayer de résumer ce qui s'est passé ses dernières semaines. Je pense qu'à l'avenir j'essaierai d'écrire des articles moins longs mais plus régulièrement.

      Après être rentrée de vacances en Indonésie, j'ai repris les cours à AIU. Au programme ce semestre : interprétation anglais-japonais, ONG, et cours de japonais (général + prononciation). Je suis globalement très contente des cours. En revanche ça me donne pas mal de boulot. J'ai aussi eu plusieurs speeches à faire pour le Rotary Club, qui me donne une bourse d'étude mensuelle. Ca m'a pas mal stressée car je devais parler pendant une demi-heure en japonais devant une assemblée, mais au final ça s'est très bien passé. J'ai aussi dû faire une espèce de conférence d'une demi-heure en japonais sur l'enseignement du japonais en France. Là aussi ça m'a bien occupé pendant un moment, mais au final c'est passé donc je suis contente. Maintenant il me reste encore à préparer des exposés divers et variés, et surtout à me trouver un stage pour début 2012. 

     Ces derniers temps j'ai un peu vécu comme une hikikomori (personne qui ne sort jamais de chez elle) parce que j'avais beaucoup à faire, et du coup j'ai loupé la saison des érables ! Heureusement il y a encore quelques beaux arbres, mais quand j'ai voulu profiter un peu de l'automne ce week-end, je me suis rendue compte que la meilleure période était déjà passée. Je suis quand même allée à Kakunodate et Dakigaeri Keikoku, et je ne l'ai pas regretté (bien que le paysage aurait été plus joli il y a une semaine, pour Dakigaeri). Voici quelques photos pour vous donner un avant-goût :

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     Je vais mettre le reste de mes photos en lien sur Picasa. Regardez-les quand vous avez un peu de temps libre ! 



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27 août 2011

Résumé des épisodes précédents

Bon, j'ai un peu honte d'avoir autant tardé à réecrire sur ce blog... Ces derniers mois j'ai été très occupée entre les devoirs à rendre pour le Master 2, le stage, et mes cours à AIU. Mais surtout, j'étais déprimée, donc il me fallait faire des efforts considérables pour ne serait-ce que répondre aux emails (désolée à tous ceux que j'ai snobbés. N'y voyez rien de personnel). Mais j'espère bien repartir sur de nouvelles bases avec ce nouveau semestre qui commence.

Je vais donc essayer de résumer ce que j'ai fait pendant tout ce temps. De février à mars, j'ai fait un stage dans une agence de voyage à Paris. J'étais censée revenir au Japon au début du mois d'avril, mais après le tsunami du 11 mars, la rentrée a été repoussée et je suis restée 15 jours de plus en France. D'après mes amis qui étaient à Akita lors du séisme, il n'y a pas eu de conséquences graves dans la région, si ce n'est une panne de courant qui a duré deux jours (et à cette époque de l'année, il fait très froid et les journées sont courts, donc les gens avaient hâte que l'électricité revienne). Quand je suis rentrée à Akita un peu plus d'un mois après le séisme, rien n'avait l'air d'avoir changé... à part le nombre d'étudiants étrangers ! A ce que j'ai entendu, nous sommes passés d'environ 150 à à peine une trentaine d'étudiants étrangers... En tous cas la différence était vraiment frappante. J'ai aussi remarqué que pour la première fois depuis que je suis au Japon, j'avais l'impression que les gens me regardaient, comme si ce n'était plus normal de voir des étrangers. Mais une chose est sûre : les Japonais sont très contents de voir des étrangers dans leur pays, donc vous tous qui lisez ces lignes, si vous avez l'occasion, n'hésitez pas à venir au Japon ! Après le séisme, beaucoup de nos clients à l'agence de voyage disaient ne pas vouloir faire du tourisme de voyeur dans un pays touché par la tragédie, mais

 

1) la seule région qui a réellement été touchée est celle de la côte est du Tôhoku, où les touristes n'allaient déjà pas à la base. Donc si vous allez à Kyôto, vous ne risquez pas de voir des gens ramasser les débris de leur maison dévastée... Aucun danger de tomber dans le voyeurisme. D'ailleurs à ce que m'ont dit des personnes qui vivent à Kyôto, le séisme a à peine été ressenti là-bas, et au quotidien la vie est tout ce qu'il y a de plus normal. Mais j'ajouterais aussi que même dans les villes plus proches des endroits ravagés par le tsunami, la vie semble suivre son cours normalement (du moins d'un point de vue purement matériel). Il faut vraiment être près de la côte pour voir des quartiers entiers détruits par les vagues. 

 

2) je ne compte pas le nombre de fois où l'on m'a remerciée d'être revenue au Japon après le tsunami et les problèmes à Fukushima. Une vieille dame m'a même remercié de "sauver le Japon" ! Il faut dire que depuis les problèmes de Fukushima, beaucoup de Japonais ont l'impression qu'on les traite plus ou moins comme des pestiférés (bien qu'ils admettent que dans des circonstances similaires dans un pays étranger, ils feraient sans doute comme la plupart des étrangers qui étaient au Japon pendant le tremblement de terre et rentreraient chez eux). Les Français sont d'ailleurs particulièrement perçus (par les Japonais mais aussi par les autres étrangers résidant au Japon) comme ayant tous définitivement quitté le pays (un monsieur m'a même dit le plus sérieusement du monde : "ce n'est pas possible ! Ils sont tous partis" lorsque je lui disais que j'étais Française...).
 
Bref, tout ça pour dire : n'hésitez pas à venir au Japon ! De nombreux établissements qui vivent du tourisme connaissent une situation difficile en ce moment en raison de la baisse nette de visiteurs étrangers au Japon. Leur rendre visite est la meilleure façon de les soutenir.

Allez, quelques petites photos de hanami ! Il y a deux endroits très réputés pour les cerisiers en fleurs dans le Tôhoku : Kakunodate (préfecture d'Akita), célèbre pour son quartier de maisons de samurai, et Hirosaki (préfecture d'Aomori), réputée pour ses pommes et son château.
 
Kakunodate
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Hirosaki

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A propos de Hirosaki : c'est simple, je n'avais jamais rien vu d'aussi beau. Mes photos ne rendent pas forcément très bien, mais c'était juste magnifique. Je me suis sincèrement dit (et ce n'est pas le genre de pensées qui me vient souvent à l'esprit) : "c'est à ça que doit ressembler le paradis".Ca vaut carrément le coup d'aller jusqu'à Hirosaki rien que pour voir ça. 

Je mettrai prochainement des liens vers toutes les photos que j'ai prises ces derniers mois. Au programme : Kakunodate et Hirosaki, mais aussi Kantô Matsuri (le festival le plus important d'Akita, qui a lieu début août), la péninsule d'Oga (préfecture d'Akita), et l'Indonésie (où je viens de passer deux semaines de vacances).

Pour finir, une dernière petite photo prise à Hirosaki, qui est très représentative de ce que l'on peut voir partout dans le Tôhoku en ce moment (et peut-être dans tout le Japon ? Mais avec plus de force dans le Tôhoku je pense. A Akita, on ne peut pas passer à côté ; tandis qu'à Tôkyô, c'est beaucoup moins évident il me semble) : 

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Ce que l'on voit sur cette lanterne, c'est la mascotte de la ville, Takamaru-kun (kawaiiiii~) brandir une banderole où il est écrit : "Ganbarô Tôhoku !" (がんばろう東北!), ce qui signifie "faisons de notre mieux, Tôhoku !". "Faire de son mieux" ("ganbaru") est un mot très cher aux Japonais, qui l'utilisent tout le temps (par exemple, "bonne chance !" se dit "fait de ton mieux !"... eh oui, au Japon il vaut mieux s'aider soi-même plutôt que d'attendre que la chance ne nous tombe dessus. Depuis le séisme, l'on peut voir des banderolles "Ganbarô Nippon!" et "Ganbarô Tôhoku!" partout dans tout le Tôhoku. Je ne sais pas s'il en est de même dans les autres régions ; j'imagine que oui, mais dans une bien moindre mesure. Mais ici évidemment les gens prennent l'effort de rétablissement du Japon très à coeur. Même si dans la vie de tous les jours tout semble normal, à part peut-être une plus grande propension à faire des économies d'énergie, il est difficile d'oublier ce qui s'est passé le 11 mars dernier. Surtout que les zones dévastées sont encore loin d'être nettoyées et réhabilitées, les rescapés ont besoin de temps pour pouvoir recommencer à vivre normalement, et les habitants du Tôhoku en général qui vivent de l'agriculture et du tourisme se retrouvent dans une très mauvaise situation à cause des problèmes à Fukushima. Des personnes viennent de tout le Japon jusqu'ici pour faire du volontariat dans les zones sinistrées et du tourisme dans le reste du Tôhoku. Mais j'ai peur que cela prenne quand même beaucoup de temps pour que le Tôhoku, qui était déjà à la base la région la plus pauvre du Japon, puisse se remettre... A priori, les banières "ganbarô Tôhoku !" ne devraient pas disparaître de sitôt.

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