21 novembre 2011
Petites devinettes
Ce matin en cours de japonais, on a fait un exercice de mots croisés avec des mots d'origine européenne. Ces mots sont très nombreux et très usités en japonais, particulièrement les mots d'origine anglaise, mais la prononciation et le sens sont parfois différents, c'est pourquoi ce n'est pas toujours évident même pour les gens qui parlent anglais.
Deux définitions m'ont vraiment fait penser que j'étais bien au Japon et non en France. Je les ai traduites ainsi que les mots à trouver, on va voir si vous pensez comme des Japonais :
- On en utilise lorsqu'on a attrapé un rhume : M _ _ _ _ _
- On en mange souvent lorsqu'on boit du vin : F _ _ _ _ _ _
J'attends vos propositions !
20 novembre 2011
Week-end dans les zones affectées par le tsunami
Ce week-end, j'ai participé à un "tour" organisé par la fac pour aller voir les zones dévastées par le tsunami du 11 mars et faire du bénévolat. Nous étions 27 en tout : 13 étudiants japonais (quasiment tous originaires du Tôhoku), 5 étudiants en échange (USA, Mexique, Slovaquie), 1 étudiante de master (moi), 1 professeur (de Hong Kong), 5 membres de l'administration (quatre d'Akita + un Américain), 1 accompagnateur et 1 chauffeur.
Nous sommes partis samedi à 8 heures du matin en direction de Rikuzentakata, dans la préfecture d'Iwate, à l'est d'Akita. Cela prend environ 3h30 pour faire le voyage. Rikuzentakata est la ville qui a le plus souffert du tsunami dans la préfecture d'Iwate : en effet, le centre ville a été complètement détruit, y compris la mairie, ce qui a énormément retardé la prise de mesures pour nettoyer la ville. Sur 23 000 habitants avant le tsunami, environ 1000 ont perdu la vie et 300 ont disparu. Par ailleurs, le spot touristique qui faisait la célébrité de la ville, une forêt de 70 000 pins situé en bord d'une longue plage de sable blanc, a été entièrement englouti, à l'exception d'un seul pin qui est devenu le symbole de la ville. Le quartier historique, avec ses vieux manoirs et sa résidence de samurai classée "trésor préfectoral", a également été emporté par les vagues.
Ce qu'il reste du centre-ville
La voie ferrée, dans le centre ville
Le seul pin qui reste de la forêt
Nous sommes ensuite allés à Kesennuma, dans la zone de Shishiori, qui a souffert non seulement du tsunami mais aussi des incendies qui ont suivi. J'étais déjà allée à Kesennuma en mai pour faire du volontariat, et j'ai été heureuse de voir que la ville avait été bien nettoyée depuis la dernière fois. Quand j'étais venue, il y avait des montagnes de débris partout, si bien qu'il était impossible de marcher en dehors de la route, et je ne voyais vraiment pas par où ils allaient commencer. Mais cette fois, bien que la zone soit encore loin d'être débarrassée de tous les débris, il y a une nette amélioration. Même chose pour Rikuzentakata, d'ailleurs ; quand on voit les photos prises juste après le tsunami, toute la ville était sans dessous ; mais maintenant, le plus gros des débris a été dégagé, ou du moins empilé en tas, donc il est possible de marcher normalement dans la plupart des zones. J'ai dit plus haut que le seul pin a avoir résisté au tsunami est devenu le symbole de Rikuzentakata ; à Kesennuma, c'est un cargo échoué en pleine ville qui est devenu le symbole de la ville. Cependant, il semblerait que les habitants soient divisés sur le traitement à réserver à ce bateau : certains voudraient s'en débarrasser, car ils ne veulent plus penser à ce qui s'est passé le 11 mars, et d'autres au contraire souhaiteraient le garder en tant que mémorial. Avant de quitter la ville, nous avons visité le marché au poisson, dans la zone qui a le plus vite retrouvé son état initial. Enfin, nous sommes allés dormir dans un onsen assez éloignée à l'intérieur des terres.
Le bateau en plein Kesennuma
L'une des quelques maisons encore debout dans cette zone
Aujourd'hui, lever à 6h, puis deux heures de route direction le centre de bénévolat de Rikuzentakata, qui coordine les actions des bénévoles en fonction des demandes de la population. Là, on nous a prêté de l'équipement et donner des indications sur l'endroit où nous devions nous rendre pour la mission du jour. Nous avons repris le bus pour nous diriger vers l'ancien quartier historique de la ville, pendant qu'un survivant nous racontait son expérience. Il a réussi à s'enfuir en voiture, mais après la première vague, de nombreuses personnes ont cru que le pire étaient passé et sont retournées chez elles chercher leurs affaires, et ont ainsi péri emportées par la deuxième vague. D'après ce qu'il nous a raconté, on estime à 20 ans le temps qu'il faudrait pour que la ville retrouve son état initial, mais la mairie veut y arriver en huit ans, pour éviter que tous les jeunes ne désertent la ville. Ils n'ont pas l'intention de reconstruire là où la ville a été rasée : à la place, ils sont en train de couper des arbres dans les collines pour faire de la place pour de nouvelles habitations. Concernant l'ancien centre-ville, la mairie envisage peut-être d'en faire un parc/mémorial, où d' installer des commerces, mais en tous cas plus de zones résidentielles.
Une fois arrivés à ce qui était le quartier historique, un certain M. Konno, qui a perdu sa maison (un manoir assez ancien) lors du tsunami, nous a demandé de nous séparer en deux groupes : l'un devrait trier les débris de la résidence de samurai qui était sur le point d'être classée au patrimoine national, l'autre devrait trier les débris de la maison de M. Konno. Pour la résidence de samurai, nous devions faire particulièrement attention à bien ramasser toutes les tuiles, les céramiques, etc., car la préfecture a l'intention de reconstruire la résidence et de restaurer tous les objets de valeur qui s'y trouvaient. Je me suis occupée de ce travail ; il y avait des céramiques magnifiques, qui malheureusement avaient été brisées en mille morceaux. Peut-être que certaines d'entre elles peuvent encore être restaurées, cependant ; en revanche pour le bâtiment en tant que tel, je me demande comment ils comptent faire. Il ne reste plus rien, même pas de fondations ; les tuiles sont en mille morceaux, et les poutres, les murs n'ont pas vraiment l'air récupérable. M. Konno nous a ensuite emmenés au sanctuaire sur la colline où ses voisins et lui se sont échappés le jour du tsunami. Ils nous a ensuite montré des photos de Rikuzentakata avant et pendant le tsunami, en nous expliquant rapidement comment les gens dande son quartier étaient venus se réfugier sur cette colline, depuis laquelle ils ont vu leurs maisons se faire détruire. Il nous a montré jusqu'où était montée la vague, une dizaine de mètres environ au dessus du sol. C'est dur d'imaginer ce que ca peut représenter ; d'après ce qu'il nous a raconté, il y a encore énormément de coquilles d'huîtres entassées sur les toits des quelques bâtiments restants... Il y a un blog en anglais où l'on peut voir des photos de M. Konno et un récit de son expérience le jour du tsunami, je vous conseille vivement d'y jeter un oeil car c'est très intéressant comme témoignage (et ça change de tous les récits d'expats qu'on nous a ressassés à la télé française : "oh la la ma maison à Tokyo a tremblé !"...): http://saverikuzentakata-en.blogspot.com/.
L'endroit où nous avons trié des débris
Vue sur l'ancien quartier historique
Enfin, nous sommes allés à Ôfunato, une ville côtière à deux pas de Rikuzentakata, mais qui a beaucoup moins souffert du tsunami. Le moindre nombre de dommages s'explique en raison d'une topographie plus propice, et au fait qu'une bonne partie de la ville est située en hauteur. La partie près du port et de la rivière a été bien endommagée cependant, mais comme la mairie était intacte, elle a pu prendre rapidement des mesures pour restaurer la ville à son état antérieur. C'est encore loin d'être entièrement fait, mais contrairement à Rikuzentakata on voit bien qu'une majeure partie de la ville continue à vivre normalement. Après avoir marché un peu dans la ville, nous sommes rentrés à AIU.
Des maisons près de la côte, mais intactes
Le quartier qui a le plus souffert du tsunami
Une voiture broyée par la vague, non loin des débris
J'ai trouvé un site japonais avec des photos des endroits dévastés avant et après le tsunami. Je vous mets le lien, vous verrez c'est impressionnant : http://www.syasinkikaku.co.jp/enganjisin/index.html. Les villes que j'ai visitées sont Kesennuma (photos n°13, 14 et 15), Rikuzentakata (photo n°16, où l'on voit bien que la forêt et la plage ont été englouties), et Ôfunato (photo n°17).
Vous vous demandez peut-être ce que sont devenus les survivants qui ont perdu leur maison. La plupart ont été relogés dans des espèces de maisons en préfabriqué, ou alors carrément dans des hôtels ou des maisons dans d'autres préfectures du Japon. Il y a pas mal de reportages sur leur situation à la télé, mais apparemment ils sont encore loins d'être sortis d'affaire. J'imagine que ça va prendre un temps fou : pas moins de 65 753 personnes ont été évacuées à ce jour. A ce propos, je me demande comment ça s'est passé en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde et en Thaïlande, s'ils se sont remis du tsunami en 2004... On n'en parle plus du tout, mais déjà qu'un pays riche comme le Japon va galérer pendant des années pour restaurer les zones détruites et redonner une vie normale à la population, j'imagine mal ce que ça a dû être pour la population dans des pays moins développés.
14 novembre 2011
Week-end à Aomori
Ce week-end, je suis allée à Aomori dans le cadre d'un tour destiné à promouvoir le tourisme étranger dans le Nord du Japon. Aomori, c'est le nom de la préfecture qui se situe au nord d'Akita et à l'extrême nord de l'île principale du Japon. C'est aussi le nom de la ville principale de cette préfecture.
Nous étions 20 élèves de quatre facs différentes. Comme d'habitude, il y avait une majorité de sinophones, mais aussi deux Vietnamiennes, deux Coréennes, et deux Américains.
Tout d'abord, nous avons visité le centre culturel Wa Rasse, à Aomori (City), qui expose des chars utilisés lors du festival Nebuta matsuri, qui a lieu chaque année début août. Lors de ce festival, des espèces de lanternes géantes modelées en forme de guerriers et d'animaux en tous genres sont promenées dans les rues dans une ambiance particulièrement festive paraît-il. C'était très impressionnant et ça m'a vraiment donné envie de voir ce festival en vrai.
Ensuite, comme nous avions un peu de temps libre, je suis allée à ASPAM, juste à côté de Wa Rasse, qui est LE bâtiment emblématique de la ville d'Aomori en raison de son architecture en forme de triangle. A l'intérieur, il y a un étage panoramique avec vue à 360° sur la baie et la ville.
Puis nous avons pris la route direction Sukayu onsen. C'est une onsen (station thermale) assez réputée... notamment pour son bain mixte ! Personne n'a tenu à tenter l'expérience ceci dit. Au Japon, dans les onsen, l'on doit se déshabiller ; pas possible de se baigner en maillot de bain. C'est pourquoi les bains sont généralement séparés par sexe. A ce que j'ai appris pendant mon cours sur l'histoire des toilettes et des bains (qui eut cru que ça me servirait un jour !), les bains mixtes existent depuis l'ère d'Edo (1600-1868), mais même à l'époque le gouvernement avait essayé de les faire interdire car dans pas mal d'endroits les bains mixtes cachaient un fait de la prostitution. Il n'a cependant pas réussi à éradiquer le phénomène. En 1853, quand le commodore Perry arrive au Japon, il est scandalisé par le manque de pudeur des Japonais. Sous l'ère Meiji (1868-1912), sous l'influence des Occidentaux qui condamnaient ce genre de pratique, les bains mixtes ont fini par quasiment disparaître. Cela dit je viens de lire qu'en Allemagne aussi il y avait des saunas mixtes où les gens se baladent tous nus, donc peut-être que ça ne choque pas les Allemands... Mais de toutes façons je pense que le Japon est plutôt influencé par la culture anglosaxone en général.En tous cas de nos jours, il existe encore des onsen avec des bains mixtes, mais c'est quand même assez rare, et en général les hommes ont l'air plus enthousiastes que les femmes à l'idée de se baigner ensemble.
Enfin, nous sommes allés au lac Towada, en longeant un joli cours d'eau, la rivière d'Oirase. On a eu droit à une séance de canoe sur le lac. J'ai été impressionnée par la transparence de l'eau, qui d'après le guide permet de voir jusqu'à 10 mètres de profondeur. Towada et Oirase sont réputés comme étant des endroits magnifiques en automne quand les érables changent de couleur, mais malheureusement pour nous les feuilles étaient déjà quasiment toutes tombées. C'est dommage parce que ça a vraiment l'air fabuleux à la bonne période, qui devait être il a une ou deux semaines (ou tout simplement quand il y a des feuilles sur les arbres !).
Dimanche, nous avons marché un peu le long du lac avant de visiter le musée d'art moderne de Towada, qui comme son nom ne l'indique pas ne se trouve pas spécialement à côté du lac. Je n'avais jamais entendu parlé de ce musée donc je ne m'attendais pas forcément à quelque chose d'exceptionnel, mais en en fait c'était très bien. La plupart des oeuvres sont jolies, étonnantes ou ludiques, bref on passe un bon moment. Et le bâtiment lui même avec ses grandes baies vitrées et assez beau. Les artistes exposés sont japonais mais aussi coréens, argentins, australiens, anglais, etc.
Enfin, nous sommes allés à Hachinohe, sur la côte est, où nous avons appris à graver notre propre sceau dans un centre culturel de la ville. Au début ça a l'air simple, mais comme toujours dans ces cas-là, ça ne l'était pas tant que ça. Puis nous avons visité le marché au poisson, qui contrairement à celui de Tôkyô ressemble plus à un supermarché qu'à un marché. Il y avait aussi des produits locaux en vente, comme des gâteaux à la pomme (LA spécialité d'Aomori) ou encore à l'encre de seiche, qui contre toute attente pour ces derniers étaient très bons. Il y avait aussi toutes sortes de poissons et de coquillages bien sûr, et pourtant (heureusement !) ça ne sentait absolument pas le poisson. Puis nous sommes rentrés à AIU après moultes péripéties ferroviaires.
Nous avons eu de la chance pendant ces deux jours car globalement il a fait très beau. La région fait des efforts pour essayer de mieux accueillir les touristes étrangers, qui sont malheureusement de plus en plus rares à visiter le nord du Japon depuis le tsunami. Pourtant les populations du nord du Japon ont besoin du tourisme, et donc pour ceux qui liraient ce blog et qui connaissent déjà les must-see du Japon (Tokyo et Kyoto-Nara, à mon avis), je vous conseille vraiment de venir visiter le nord, parce qu'il y a pas mal d'endroits et de festivals qui valent la peine d'être vus.
13 novembre 2011
Nouveaux albums photos
Juste un petit mot pour vous dire que j'ai (enfin) mis des liens vers les photos que j'ai prises ces derniers mois, dans la section "Mes photos" sur la droite. J'ai rajouté cinq nouveaux albums : Tokyo et Hong Kong, Kakunodate (pendant le hanami), Senshû kôen (pendant le hanami), Hirosaki (pendant le hanami), Dakigaeri Keikoku et Kakunodate (en automne), et Aomori, où je suis allée ce week-end. Je détaillerai ce que j'ai fait là-bas plus en détail demain, donc restez connectés !
08 novembre 2011
L'automne à Akita
Ca fait longtemps que je n'ai pas écrit. Depuis la rentrée, je n'arrête pas, j'ai énormément de travail. Mais là j'ai fini ce qu'il y avait de plus pressant/stressant, donc je vais essayer de résumer ce qui s'est passé ses dernières semaines. Je pense qu'à l'avenir j'essaierai d'écrire des articles moins longs mais plus régulièrement.
Après être rentrée de vacances en Indonésie, j'ai repris les cours à AIU. Au programme ce semestre : interprétation anglais-japonais, ONG, et cours de japonais (général + prononciation). Je suis globalement très contente des cours. En revanche ça me donne pas mal de boulot. J'ai aussi eu plusieurs speeches à faire pour le Rotary Club, qui me donne une bourse d'étude mensuelle. Ca m'a pas mal stressée car je devais parler pendant une demi-heure en japonais devant une assemblée, mais au final ça s'est très bien passé. J'ai aussi dû faire une espèce de conférence d'une demi-heure en japonais sur l'enseignement du japonais en France. Là aussi ça m'a bien occupé pendant un moment, mais au final c'est passé donc je suis contente. Maintenant il me reste encore à préparer des exposés divers et variés, et surtout à me trouver un stage pour début 2012.
Ces derniers temps j'ai un peu vécu comme une hikikomori (personne qui ne sort jamais de chez elle) parce que j'avais beaucoup à faire, et du coup j'ai loupé la saison des érables ! Heureusement il y a encore quelques beaux arbres, mais quand j'ai voulu profiter un peu de l'automne ce week-end, je me suis rendue compte que la meilleure période était déjà passée. Je suis quand même allée à Kakunodate et Dakigaeri Keikoku, et je ne l'ai pas regretté (bien que le paysage aurait été plus joli il y a une semaine, pour Dakigaeri). Voici quelques photos pour vous donner un avant-goût :
Je vais mettre le reste de mes photos en lien sur Picasa. Regardez-les quand vous avez un peu de temps libre !
27 août 2011
Résumé des épisodes précédents
Bon, j'ai un peu honte d'avoir autant tardé à réecrire sur ce blog... Ces derniers mois j'ai été très occupée entre les devoirs à rendre pour le Master 2, le stage, et mes cours à AIU. Mais surtout, j'étais déprimée, donc il me fallait faire des efforts considérables pour ne serait-ce que répondre aux emails (désolée à tous ceux que j'ai snobbés. N'y voyez rien de personnel). Mais j'espère bien repartir sur de nouvelles bases avec ce nouveau semestre qui commence.
Je vais donc essayer de résumer ce que j'ai fait pendant tout ce temps. De février à mars, j'ai fait un stage dans une agence de voyage à Paris. J'étais censée revenir au Japon au début du mois d'avril, mais après le tsunami du 11 mars, la rentrée a été repoussée et je suis restée 15 jours de plus en France. D'après mes amis qui étaient à Akita lors du séisme, il n'y a pas eu de conséquences graves dans la région, si ce n'est une panne de courant qui a duré deux jours (et à cette époque de l'année, il fait très froid et les journées sont courts, donc les gens avaient hâte que l'électricité revienne). Quand je suis rentrée à Akita un peu plus d'un mois après le séisme, rien n'avait l'air d'avoir changé... à part le nombre d'étudiants étrangers ! A ce que j'ai entendu, nous sommes passés d'environ 150 à à peine une trentaine d'étudiants étrangers... En tous cas la différence était vraiment frappante. J'ai aussi remarqué que pour la première fois depuis que je suis au Japon, j'avais l'impression que les gens me regardaient, comme si ce n'était plus normal de voir des étrangers. Mais une chose est sûre : les Japonais sont très contents de voir des étrangers dans leur pays, donc vous tous qui lisez ces lignes, si vous avez l'occasion, n'hésitez pas à venir au Japon ! Après le séisme, beaucoup de nos clients à l'agence de voyage disaient ne pas vouloir faire du tourisme de voyeur dans un pays touché par la tragédie, mais
1) la seule région qui a réellement été touchée est celle de la côte est du Tôhoku, où les touristes n'allaient déjà pas à la base. Donc si vous allez à Kyôto, vous ne risquez pas de voir des gens ramasser les débris de leur maison dévastée... Aucun danger de tomber dans le voyeurisme. D'ailleurs à ce que m'ont dit des personnes qui vivent à Kyôto, le séisme a à peine été ressenti là-bas, et au quotidien la vie est tout ce qu'il y a de plus normal. Mais j'ajouterais aussi que même dans les villes plus proches des endroits ravagés par le tsunami, la vie semble suivre son cours normalement (du moins d'un point de vue purement matériel). Il faut vraiment être près de la côte pour voir des quartiers entiers détruits par les vagues.
Hirosaki
A propos de Hirosaki : c'est simple, je n'avais jamais rien vu d'aussi beau. Mes photos ne rendent pas forcément très bien, mais c'était juste magnifique. Je me suis sincèrement dit (et ce n'est pas le genre de pensées qui me vient souvent à l'esprit) : "c'est à ça que doit ressembler le paradis".Ca vaut carrément le coup d'aller jusqu'à Hirosaki rien que pour voir ça.
Je mettrai prochainement des liens vers toutes les photos que j'ai prises ces derniers mois. Au programme : Kakunodate et Hirosaki, mais aussi Kantô Matsuri (le festival le plus important d'Akita, qui a lieu début août), la péninsule d'Oga (préfecture d'Akita), et l'Indonésie (où je viens de passer deux semaines de vacances).
Pour finir, une dernière petite photo prise à Hirosaki, qui est très représentative de ce que l'on peut voir partout dans le Tôhoku en ce moment (et peut-être dans tout le Japon ? Mais avec plus de force dans le Tôhoku je pense. A Akita, on ne peut pas passer à côté ; tandis qu'à Tôkyô, c'est beaucoup moins évident il me semble) :
Ce que l'on voit sur cette lanterne, c'est la mascotte de la ville, Takamaru-kun (kawaiiiii~) brandir une banderole où il est écrit : "Ganbarô Tôhoku !" (がんばろう東北!), ce qui signifie "faisons de notre mieux, Tôhoku !". "Faire de son mieux" ("ganbaru") est un mot très cher aux Japonais, qui l'utilisent tout le temps (par exemple, "bonne chance !" se dit "fait de ton mieux !"... eh oui, au Japon il vaut mieux s'aider soi-même plutôt que d'attendre que la chance ne nous tombe dessus. Depuis le séisme, l'on peut voir des banderolles "Ganbarô Nippon!" et "Ganbarô Tôhoku!" partout dans tout le Tôhoku. Je ne sais pas s'il en est de même dans les autres régions ; j'imagine que oui, mais dans une bien moindre mesure. Mais ici évidemment les gens prennent l'effort de rétablissement du Japon très à coeur. Même si dans la vie de tous les jours tout semble normal, à part peut-être une plus grande propension à faire des économies d'énergie, il est difficile d'oublier ce qui s'est passé le 11 mars dernier. Surtout que les zones dévastées sont encore loin d'être nettoyées et réhabilitées, les rescapés ont besoin de temps pour pouvoir recommencer à vivre normalement, et les habitants du Tôhoku en général qui vivent de l'agriculture et du tourisme se retrouvent dans une très mauvaise situation à cause des problèmes à Fukushima. Des personnes viennent de tout le Japon jusqu'ici pour faire du volontariat dans les zones sinistrées et du tourisme dans le reste du Tôhoku. Mais j'ai peur que cela prenne quand même beaucoup de temps pour que le Tôhoku, qui était déjà à la base la région la plus pauvre du Japon, puisse se remettre... A priori, les banières "ganbarô Tôhoku !" ne devraient pas disparaître de sitôt.
12 février 2011
On n’y croyait plus.
Et pourtant… le blog est de retour ! Eh oui je sais, c’est pas trop tôt !
Alors, pour résumer ce qu’il s’est passé pendant ces trois derniers mois… Tout d’abord, je ne sais pas si vous avez vu, mais j’ai mis en ligne deux albums photos des érables en automne. Je vous conseille d’y jeter un coup d’œil, parce que c’était vraiment magnifique. Je n’avais jamais vu d'aussi beaux arbres. La plupart des photos ont été prises au parc Chuô, en face de ma fac, et au parc Senshû, dans le centre d’Akita.
Dans le parc Chûô
Dans le parc Senshû
Pendant tout le mois de novembre et jusqu’aux vacances de Noël, j’ai eu énormément de dossiers et d’exposés à préparer : c’est pourquoi j’ai arrêté de prendre le temps d’écrire sur ce blog. Mais j’espère que le semestre prochain, je serai plus efficace et que donc je pourrai me consacrer à la fois aux études ET au blog.
Pour mon anniversaire, j’ai eu une semaine de vacances, que j’ai mise à profit pour retrouver ma sœur à Hong Kong. Ce n’était pas la première fois que j’y allais, mais ça m’a permis de découvrir quelques endroits que je ne connaissais pas encore, notamment Macao, qui contre toute attente (car pour tout dire, ça ne me disait rien du tout) m’a bien plu. J'en ai aussi profité à l'aller pour visiter un peu des jardins que je ne connaissais pas à Tôkyô, en attendant l'avion, mais la couleur des érables était loin de valoir celle de ceux que l'on pouvait voir à Akita. Il faut dire aussi que ce n'était pas encore tout à fait la bonne période pour les voir à Tôkyô, bien que la saison soit pratiquement finie à Akita... Mais même, les couleurs des érables étaient plus ternes, ça n'avait rien à voir avec ceux d'Akita. Morale de cette histoire : en automne, visitez le Tôhoku ! J'ai aussi mis à profit mes quelques heures d'attente pour aller voir le zoo d'Ueno, qui était intéressant. Je me souviens notamment d'une grue qui ne ressemblait à rien de connu... et des animaux locaux, tels que des ours de Hokkaidô, énormes !!! Je mettrai l'album photo dans les liens prochainement. En attendant, un petit avant-goût...:
Hong Kong
Macao
Une chose m’a étonnée cet hiver : contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, il n’a pas fait si froid que ça à Akita. Les températures étaient basses, mais positives, et il n’a pas tant neigé que ça comparé à d’habitude (Akita a la réputation d’être une des régions les plus enneigées du Japon : une fois qu’il se met à neiger, la neige reste pendant 3 mois). Tant mieux, parce que je redoutais qu’il fasse aussi froid que quand j’étais à Séoul. A l’inverse, il semble que cette année il ait fait plus froid en France à cette période… Comme quoi, j’ai eu de la chance. Avant que je ne rentre en France pour les vacances de Noël, il n’a neigé que 3 ou 4 fois ; mais quand tout était recouvert de neige, c’était magnifique.
Ma fac sous la neige
En ce moment, ce sont les grandes vacances au Japon : j’en ai donc profité pour rentrer en France pour quelques mois, faire mon stage obligatoire de M2 de japonais. Cela étant, on ne peut pas dire que je sois particulièrement dépaysée, puisque je travaille dans le quartier japonais de Paris : tous les jours quasiment, je vois des Japonais, j’entends parler japonais, je mange japonais. Je suis contente de faire un stage parce que c’est une expérience intéressante pour moi, mais il me tarde de retourner au Japon. Il me faudra attendre début avril.
03 novembre 2010
Voyage au Mont Chôkai
Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit... Il faut dire que j'ai énormément de travail en ce moment, j'ai rarement été aussi occupée.
Les plus observateurs d'entre vous auront peut-être remarqué que j'ai ajouté un album photo dans les liens à droite : "Voyage à Chôkai-san". Il s'agit de l'excursion d'une journée en bus organisée par ma fac le 16 octobre dernier. Nous étions très nombreux à participer : il a fallu affréter 4 bus ! On nous a emmené visiter un temple près de la mer, puis nous avons mangé, avant de nous diriger vers le Mont Chôkai, tout au sud de la préfecture d'Akita, à la frontière de celle de Yamagata. Là, nous avons pris une photo de groupe, marché un peu... Il y avait pas mal de vent donc il faisait frisquet. Le but du voyage était d'admirer le changement de couleur autumnal de la végétation, mais malheureusement il était déjà un peu tard pour le Mont Chôkai, alors que dans d'autres endroits les feuilles d'arbres n'ont pas encore commencé à changer de couleur. Nous sommes ensuite allés dans un endroit nommé Rokujû Rakan, où des Bouddha sont gravés dans la roche au bord de l'océan. Je n'avais jamais vu un endroit pareil au Japon, c'était intéressant. Puis nous sommes rentrés à AIU vers 18h. De là, je suis allée avec les Thailandais manger des sushi avec l'argent que nous avons gagné au festival de la fac en vendant de la cuisine thaïe.
Depuis lors, rien de bien neuf. Les cours me plaisent toujours autant, mais j'ai un boulot monstre. Je vais à l'aikidô toujours aussi régulièrement, et il y a une très bonne ambiance entre les membres du club. Au début nous étions plus d'une vingtaine, maintenant nous sommes 10 au grand maximum, le plus souvent 5, mais c'est bien aussi d'être en petits groupes.
Sur ce, je vais retourner travailler un peu !
12 octobre 2010
Du rhum, des femmes et du sake
Ces deux derniers jours, tout AIU était en effervescence pour le festival de l'école. C'est l'Evènement majeur de l'université chaque année, et cette fois le thème était "Age of Discovery: Open the gate~".
L'affiche du festival de la fac, que l'on pouvait trouver un peu partout dans Akita ces dernières semaines.
Ce thème a été choisi parce que ma fac est un environnement très multiculturel et ouvert sur le monde, et donc propice aux "grandes découvertes". Et parce que c'est toujours drôle de relooker One (la mascotte) en pirate, aussi.
La scène en plein air, avec la mascotte One en capitaine de bateau pirate
Pas mal de gens viennent de l'extérieur pour ce festival, d'où le "Open the gate~", même si dans la pratique le campus est toujours ouvert aux visiteurs. La fac accueille chaque semaine des collégiens, lycéens et des parents, qui viennent voir à quoi ressemble AIU. Il y a aussi des gens qui viennent voir la bibliothèque, qui est très belle (photos ici) et qui a reçu un prix d'architecture. Quoi qu'il en soit, pour le festival AIU essaie vraiment d'attirer des gens de l'extérieur ; c'est ainsi que depuis au moins une semaine on pouvait rencontrer One tous les jours au centre commercial le plus proche en train d'assurer la promotion du festival.
Au programme des réjouissances, des spectacles de danse proposés par les élèves, des concours de karaoké, de speed eating, de féminité pour les hommes et de virilité pour les femmes (!), l'élection de Miss et Mister AIU (renommés Jack and Rose en référence à Titanic...)... J'ai été impressionnée par la perfomance des gens en dance parce que beaucoup étaient vraiment doués, et que les chorégraphies étaient longues, donc ça a du leur prendre un moment avant de tout maîtriser.
ADB48 !!!
AKB48, c'est le nom d'un groupe de 48 filles (!) qui chantent de la pop japonaise, dans tout ce que ce terme peut avoir de péjoratif. Franchement, je ne suis pas compliquée à ce niveau là, mais là il faut le dire, c'est le bas du bas de la musique. On se moque beaucoup de Lorie ou d'Alizée en France, ou plus récemment de Justin Bieber, mais c'est parce qu'on ne connaît pas les AKB48 ou autres Morning Musume. Rien que le concept de faire un groupe avec 48 filles, qui ne peuvent au final même pas chanter une phrase par chanson, et qui de toutes façons ne sont quasiment jamais réunies au grand complet, me dépasse complètement. Le groupe a d'ailleurs été divisé en plusieurs groupes pour que le nombre de membres soit plus gérables, mais dans ce cas-là, pourquoi en avoir pris 48 au départ ? J'avoue que j'ai du mal à comprendre. Ce n'est pas le seul exemple d'un groupe avec un nombre de membres ridiculement élevé, en Corée aussi ils ont les Girls' Generation (9 membres) et les Super Junior (13 membres, la production voulait en rajouter plus mais les fans s'y sont opposés... Là où il y a de la performance, c'est que le nom du groupe est encore plus risible que le nombre de membres, fallait le faire je trouve), et j'ai même entendu parler d'un groupe de 100 personnes au Japon, mais je ne sais pas si c'est vrai. Quoi qu'il en soit, c'est dur de vivre au Japon sans connaître les AKB48, tant on les voit partout dans les pubs. J'ai du mal à croire que vraiment les gens puissent écouter leurs chansons, mais en tous cas la compagnie qui les produit doit se faire pas mal d'argent sur leur dos avec la publicité. Je pense que leur succès tient au fait qu'elles sont jolies, prennent des poses et des attitudes "mignonnes" et ne rechignent pas à poser en maillot de bain. Bref, à AIU, nous avons les ADB48 (Akita Dancing Boys !), une bande de 10 mecs qui ont enfilé leurs plus beaux uniformes de collégiennes pour dancer dans la joie et la bonne humeur sur des airs de pop japonaise. C'était très drôle à regarder, surtout dans les passages de la chorégraphie qui se veulent "mignons" ou "sexy", et visiblement eux aussi se sont bien amusés.
Le soir, un groupe de tambours japonais traditionnels est venu d'Oga pour faire une performance de percussions de namahage, qui est une sorte de rite traditionnel de cette région pratiqué au moment du nouvel an, au cours duquel des démons à tête bleue ou rouge (aussi nommés Namahage) parcourent la ville en effrayant les enfants, leur demandant s'ils ont bien été sages cette année. Ils ont ensuite joué un autre morceau au tambour, improvisé en fonction de la réaction de l'audience, ça avait l'air très physique en tous cas et au bout de 5 minutes ils étaient morts de fatigue. C'était intéressant de voir ça, malheureusement pour vous je n'ai pas de photo correcte à vous montrer car mon appareil ne marche pas bien quand il commence à faire nuit.
Ensuite, les étudiants de la fac qui participent chaque année au festival du Kantô (LE festival d'Akita, en août, où des groupes d'hommes paradent dans toute la ville en brandissant des sortes de lanternes géantes) ont fait une démonstration de leur savoir-faire :
Les garçons en train de brandir les lanternes d'AIU, tandis que l'équipe de renforts attend son tour accroupie sur le sol. Chaque lot de lanternes pèse 50 kg environ.
Les filles en train de jouer du tambour et de la flûte
Un gars en train de porter 50kg de lanternes en équilibre sur son épaule... D'autres le faisaient sur le front, aussi. Mais déjà rien qu'avec la main, ce n'est pas évident de garder l'équilibre. D'ailleurs à un moment l'un des deux lots de lanternes s'est pris dans le toit de l'immeuble d'à côté, et à commencer à s'écrouler, moyennant quoi ils ont dû ramener les lanternes au sol et rallumer celles qui s'étaient éteintes.
Je vais mettre des films de leur représentation sur mon picasa, je vous conseille de regarder parce que c'est intéressant comme festival traditionnel et que l'on se représente bien mieux les choses en vidéo qu'en photo.
Une fois la démonstration terminée, nous avons eu la cérémonie de fermeture du festival. Nous avons eu droit à la finale du concours de karaoké, dans deux catégories : "performance" et "chant". Celui qui a gagné dans la catégorie "performance" a chanté Valenti, de BoA (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est ça), avec un costume, une fougue et une chorégraphie d'anthologie. Tout le monde était mort de rire, mais c'est fou quand même qu'on puisse vouloir chanter une chanson de fille à moitié nu devant toute l'école et sans même faire un effort pour bien chanter ! Des prix ont aussi été remis aux gagnants des autres concours. Il y avait aussi un gars qui, pour le festival de l'école, avait décidé de courir de Niigata à AIU (320 km !!!) pendant 4 jours, en mémoire d'un étudiant d'AIU qui avait fait le trajet Akita-Niigata-Akita à vélo en 2 jours il y a quelques années pendant le festival de la fac, pour amener des dons aux victimes d'un tremblement de terre. L'étudiant en question est décédé 2 ans après dans un accident de la route alors qu'il tâchait de traverser l'Australie à vélo, c'est pourquoi le gars hier voulait courir en sa mémoire, pour que son exploit ne soit pas oublié et que d'autres personnes se lancent des défis de ce genre. Il est rentré à AIU (avec ses deux amis qui l'accompagnaient à vélo) pile à temps pour la cérémonie de fermeture, et a fait un petit discours devant tout le monde pour expliquer à quel point l'histoire de son sempaï (prédécesseur) l'avait ému, et que ça lui avait donné du courage pour lui même se surpasser. En tous cas je suis vraiment impressionnée que l'on puisse parcourir une telle distance en courant ; apparemment, le gars qui a fait ça court 10km par jour en guise d'entrainement. Mais à ce rythme, je me demande si c'est vraiment bon pour la santé...
A la fin, le comité en charge du festival a passé une vidéo très drôle sur le festival. Tout commence quand quatre groupies de Mineo Nakajima (le président de notre fac), se rencontrent sur internet et prennent la résolution de venir rencontrer leur idole, qu'ils suspectent d'être le roi des pirates. Ils arrivent jusqu'à AIU en full mode geek de Nakajima ; après une folle course poursuite pour être le premier à rencontrer le président, ils déboulent dans son bureau, où ils se retrouvent nez à nez avec Mineo Nakajima... portant un chapeau pirate. Je pense qu'on a tous été très surpris de voir le président de la fac comme ça ! Là, Nakajima leur dit qu'il est le roi des pirates, et que la carte au trésor se trouve dans son dos sur son sweat-shirt (celui créé spécialement pour le festival de cette année, que beaucoup de gens portaient hier). S'en suit une chasse au trésor pour les 4 geeks qui les mène jusqu'à la plage d'Akita... Et à l'intérieur du coffre se trouvent les souvenirs de tous les étudiants d'AIU pour ce festival :
- des vidéos d'étudiants métamorphosés après avoir mangé des "fruits du démon" (référence à One Piece, un manga très populaire au Japon, qui parle de pirates) très spéciaux : le fruit qui transforme en Bruce Lee, celui qui transforme en Namahage, celui qui fait marcher en moonwalk...
- des vidéos de ce que les gens avaient trouvé comme trésor à AIU (épanouissement, amis... Y'a même deux gars qui ont fait leur demande en mariage en vidéo !!! )
- des photos des performances de danse et des stands de nourriture (j'étais en charge du stand de cuisine thaïe avec mes copines thaïlandaises et leurs amis thaïlandais et malais, c'était bien, et on a beaucoup vendu !)
...et le bouquet final avec un feu d'artifice surprise !
C'était vraiment très sympa comme festival et j'ai hâte de voir ce qu'ils vont organiser l'année prochaine. En tous cas j'ai un souvenir de ce festival que je pourrais même à l'occasion recycler aux fêtes de Bayonne : le bandana édition limitée AIU festival 2010 ! Voyez plutôt :
08 octobre 2010
AIU, ou l'Appel à l'Etude
Comme je pense que certains d'entre vous doivent se demander ce que je fais au juste à Akita, aujourd'hui je vais tâcher d'expliquer ce que j'étudie, concrètement.
Le nom de mon master est "Communication Globale", et mes cours ont pour thèmes principaux les médias, les relations publiques et la communication interculturelle. J'ai douze heures de cours en moyenne par semaine : 3 cours de 3 heures chacun chaque semaine, et un cours de 6 heures (!) toutes les deux semaines. Au début j'ai cru que je n'arriverais jamais à me concentrer pendant aussi longtemps, mais en fait ça va parce que c'est intéressant et que l'on fait souvent des pauses. Douze heures, ce n'est pas tant que ça, mais j'ai beaucoup de devoirs et pas des moindres, donc ça compense à mon avis. Sans compter que je suis encore inscrite à l'Inalco en deuxième année de master, et qu'il faut donc que je travaille pour ces séminaires-là aussi. En tous cas je n'ai jamais eu autant de travail : à l'Inalco, on ne nous donnait jamais de devoirs ou presque, ou alors des dossiers à écrire une fois de temps à temps. Mais ici, chaque semaine j'ai des chapitres de livres à lire, des vidéos à regarder et sur lesquelles méditer. Il faut aussi que je prépare des exposés pour le cours de relations publiques, et que je rédige un dossier pour le cours qui a pour objet le système des médias en Chine sur des thèmes que personnellement, je ne trouve pas évidents. On a le choix entre :
1) évaluer l'efficacité du système de censure d'internet mis en oeuvre par Pékin,
2) dire dans quelle mesure internet et les nouveaux médias ont attisé les flammes du nationalisme chinois, ou
3) disserter sur la façon dont, selon nous, le gouvernement chinois pourrait utiliser les médias de façon optimale pour étendre son "soft power" dans le monde entier.
Le tout avec des références, bien sûr ! Heureusement, j'ai jusqu'à fin novembre pour méditer là dessus. Mais comme c'est le cours de mon professeur référent, j'ai intérêt à écrire un truc intelligent.
Je suis vraiment très contente des cours, c'est intéressant, si bien que pour la première fois depuis bien longtemps j'arrive à me concentrer en cours pour écouter ce qui se dit. Les professeurs sont bien et très accessibles, aussi. Et l'ambiance avec les autres élèves est bonne.
Sur ce, je vais retourner travailler parce que l'air de rien, pour écrire le dossier, faut d'abord que je lise des livres !





































































